Microsoft en recherche de crédibilité sur l’ouverture et l’interopérabilité
Par Benoît le lundi, octobre 9 2006, 10:00 - Lien permanent
Après avoir longtemps recherché à redorer son image sur le domaine de
la sécurité de ses applications et de ses systèmes d’exploitations,
c’est un autre coté pour le moins brouillé de son image que Microsoft
tente de rafraîchir en ce moment : l’interopérabilité et l’ouverture
des formats de fichiers bureautiques.
Après avoir longtemps recherché à redorer son image sur le domaine de
la sécurité de ses applications et de ses systèmes d’exploitations, c’est un autre coté pour le moins brouillé de son image que Microsoft
tente de rafraîchir en ce moment : l’interopérabilité et l’ouverture
des formats de fichiers bureautiques.
En effet, si les formats de fichiers de la suite bureautique de
l’éditeur de Redmond ont longtemps représenté un standard d’échange «de
fait » sur le marché, lui permettant par voie de conséquence une
commercialisation aisée de Microsoft Office, générant nativement ce
format, l’apparition du standard ouvert OpenDocument permettant
interopérabilité et garantissant la pérennité des fichiers est
sérieusement en train de changer la donne. De très nombreux acteurs
d’importance et en premier lieu des gouvernements européens ont décidé
ou sont en instance de choisir le format OpenDocument comme nouveau
standard pour l’échange et le stockage de leurs documents. Il en
découle alors des enjeux commerciaux considérables pour Microsoft qui
jusqu à présent bénéficie d’une rente de situation fort confortable lui
permettant de financer beaucoup d’autres secteurs de son activité où la
rentabilité n’est pas au rendez-vous.
Face à cette menace pour ses parts de marché, Microsoft s’est rendu
compte sur le tard que la seule stratégie lui permettant de sauver les
meubles était de travailler avec un format « ouvert » permettant à ses
clients d’avoir la maîtrise du contenu des documents et de leur
intégration au système d’information.
Microsoft devait donc montrer une volonté d’ouverture face à une
pression de plus en plus importante de la part de ses clients. Pour
montrer « patte blanche », il a premièrement pris une participation
dans OASIS, le consortium d’acteurs à l’origine du format OpenDocument.
Mais ce format ouvert n’arrange pas l’éditeur car il n’est pas le seul
à le maîtriser et ne possède donc pas d’avantage concurrentiel
suffisant pour s’imposer sur ce marché.
Il décide donc d’imposer un autre standard sur le marché, concurrent à
OpenDocument qu’il est sensé soutenir : l’OpenXML. Pour se faire,
Microsoft doit faire reconnaître son format par des institutions
apparaissant comme plus neutre que lui vis-à-vis du marché. Il est donc
allé toquer à la porte de l’Ecma, une organisation de standardisation
informatique européenne. Et la reconnaissance de son nouveau format
avance à grand pas.
L’Ecma est en effet susceptible de publier dès lundi une première
version des spécifications de l’OpenXML avant une possible validation
qui pourrait intervenir dès le mois de décembre. Si la ratification
intervient, OpenXML pourrait être normalisé par l’International
Organisation for Standardization dans les six mois suivants.
Microsoft est dans une course contre la montre puisque OpenDocument est
déjà ratifié par la norme internationalement reconnue : ISO.
Au delà de cette course à la ratification, nous somme en droit de nous
poser la question de la pertinence de ce nouveau format que Microsoft
essai d’imposer à tous les acteurs du marché : qui d’autre que
Microsoft utilisera le format OpenXML sachant que ce format n’a été
dessiné que dans le but de répondre aux besoins spécifiques de la suite
Office 2007.
L’avenir nous dira rapidement si la force de frappe marketing de l’éditeur de américain pourra lui permettre encore une fois de régner sur un monopole de fait.